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L’amour après

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Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon

Grasset, 2018
[E LOR]

L’amour après. Mais après quoi ? pourrait se demander quelqu’un qui ne connaîtrait pas Marceline Loridan-Ivens. Dans ce magnifique livre, mi-essai, mi-récit de vie, écrit avec Judith Perrignon, cette femme de 89 ans sort de sa grosse valise quelques documents manuscrits soigneusement conservés par elle depuis des années : une lettre d’amour, un télégramme, un petit mot doux griffonné sur une feuille volante… Tous ces précieux souvenirs de sa vie sentimentale sont le prétexte pour elle à s’interroger sur l’amour. L’amour après. L’amour après les camps. Car Marceline Rosenberg a connu l’enfer d’Auschwitz-Birkenau à l’âge de 15 ans. Son père y est mort. Elle en est sortie vivante un an plus tard ; vivante, mais dans quel état ? « Mon corps de femme s’est dessiné en même temps qu’il était condamné. A Auschwitz. Que faire de lui ensuite puisque j’avais survécu ? Serait-il capable de désir, de plaisir… D’aimer tout simplement ? ». Pour tenter de répondre à ces questions, Marceline Loridan-Ivens revisite son parcours sentimental : Saint Germain-des-Prés au début des années 50 avec son mariage voué à l’échec, sa liaison avec Georges Perec (la lettre de ce dernier, amant éconduit et désespéré mais profondément respectueux du choix de Marceline, est bouleversante), la rencontre avec le sociologue Edgar Morin, et enfin, celle du grand amour de sa vie, Joris Ivens, documentariste avec lequel elle a cosigné plusieurs films. Marceline Loridan-Ivens est morte l’an dernier à 90 ans. « Il n’y eut après les camps, plus aucun donneur d’ordres dans ma vie » écrivait-elle. Sans doute pour cette raison, il souffle sur ce récit un formidable vent de liberté !

Marie-Christine

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Un arbre, un jour…

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Karine Lambert

Calmann-Lévy, 2018
[LAM]

Un roman qui nous évoque des souvenirs de vacances, une jolie place de village baignée de soleil. L’envie de se poser à la terrasse du café ou à l’ombre d’un arbre. C’est dans ce village que vit Clément, un gamin de 10 ans, sensible, effronté et courageux. Sur cette place l’ombre d’un géant protège et rassure les habitants, il est centenaire, c’est son arbre, son confident. Chaque jour, il grimpe sur ses branches se cacher, s’amuser. Un matin, il découvre planté dans l’arbre un avis d’abattage. Il faut sauver l’arbre. Il décide d’alerter le village avec l’aide de Suzanne, la patronne du bistrot, et d’autres personnalités. Ils ont trois semaines pour sauver le platane. Ils vont s’unir pour gagner. On glisse avec bonheur dans ce roman entre fable et réalité

Arlette

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Le naufrage de la méduse journal d’un rescapé

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Charles-Marie Brédif

Payot, 2017
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Mailhos
[910 BRE]

Que savons-nous du naufrage de la Méduse magnifiquement peint par Géricault en 1818 ? Rien ou si peu…
A la suite du naufrage de ce bateau militaire, 150 personnes survivent sur un radeau de fortune puis ils ne sont que 15 lorsque l’Argus vient les secourir.
Même s’il y eut deux autres témoignages de cette tragédie, Charles-Marie Brédif est le seul survivant à avoir tenu un journal quotidiennement, y compris lors du naufrage lui-même.
Deux siècles se sont écoulés et c’est avec émotion que l’on se plonge dans ce récit effroyable où 160 personnes moururent et d’autres durent recourir au cannibalisme pour rester en vie.
Tout ça par la faute d’une mauvaise manœuvre du commandant qui refusa d’écouter les conseils de ses officiers experts maritimes.

Caroline



Rédemption

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Vanessa Ronan

Actes Sud, 2017
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alexandre Lassalle
[RON]

Après dix ans de prison, Jasper Curtis, est enfin libre de rentrer chez lui. Pourquoi dix ans de prison ? Le lecteur devra prendre son mal en patience pour en apprendre plus. Ce qui est certain, c’est que personne ne veut le retour de Jasper dans la petite ville texane. Il y a bien Lizzie sa sœur cadette et ses deux filles qui l’attendent dans la demeure familiale. Mais c’est non sans appréhension. Seule Joanne, la plus jeune, semble très vite se prendre d’affection pour cet oncle taiseux. Rapidement, Jasper va se montrer inquiétant, ses actes et gestes, ses monologues intérieurs sur les femmes et ses nièces. Il ne semble pas regretter ses actes et semble hermétique à ce qui se passe autour de lui, même aux désirs de vengeance de certains villageois qui pensent que la peine de Jasper est bien trop légère. Même le révérend lui a tourné le dos depuis longtemps. Dans un Ouest étouffant et sec, les langues et les corps vont bientôt se délier sans que pour autant on y trouve trace de rédemption. Roman noir, roman sur le pardon, Rédemption aurait mérité un autre titre plus proche de la réalité du récit. Il en reste néanmoins un roman de qualité, ténébreux et qu’on ne peut lâcher..

François

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