Lison Futé 2019 est arrivé !

  • À propos
  • Archives web
  • Conseils de lecture sur le Web
  • Ecrivez-nous
  • Mon Lison futé préféré
  • Téléchargements

Un certain M. Piekielny

deserable-piekielnyFrançois-Henri Désérable

Gallimard, 2017
[DES]

Piekielny ? Si ce nom vous évoque vaguement quelqu’un, souvenez-vous : dans La promesse de l’aube, sa vraie fausse autobiographie, Romain Gary introduit ce personnage au chapitre 7.
Le chapitre 7 de La promesse, c’est précisément celui sur lequel le jeune François-Henri Désérable a été interrogé le jour de son bac français. C’était le seul livre au programme qu’il avait lu. Il avait lu et relu La promesse, inlassablement. Aussi, lorsque, quelques années plus tard, par une succession d’évènements que je vous laisse découvrir, il se retrouve devant la maison où Romain Gary avait vécu enfant à Vilnius (Wilno à l’époque), une phrase lui revient immédiatement en mémoire : « Au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka à Wilno, habitait un certain M. Piekielny ». M. Piekielny, petit homme discret et un peu triste, était le voisin de Romain Gary (Roman Kacew à l’époque). Il avait à maintes reprises entendu la mère du garçon clamer à tous ceux qui voulaient bien l’écouter que son fils était promis à un grand avenir. Il avait donc demandé à son jeune voisin, lorsqu’il serait célèbre et côtoierait les grands de ce monde, de dire cette simple phrase : « Au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka à Wilno, habitait un certain M. Piekielny ». Cette affirmation revient comme un leitmotiv dans La promesse car Romain Gary arrive à honorer la demande de M. Piekielny dès qu’il est en présence d’une personnalité, que ce soit à l’ONU ou auprès de Charles de Gaulle. Romain Gary nous apprend également le triste sort de Piekielny : « Les os du petit homme, transformés à la sortie du four en savon, ont depuis longtemps servi à satisfaire les besoins de propreté des nazis ».
François-Henri Désérable décide de mener l’enquête sur ce Piekielny : « Qui compte mener une enquête se couvre d’un trench, coiffe un chapeau melon, tire quelques bouffées d’une pipe en écume et se pourvoit d’une loupe - ou ne fait rien de tout cela et va sur Google ».
Il s’autorise toutes les libertés, toutes les plaisanteries et le résultat est un roman original, réjouissant et profond. Le thème central de ce livre est l’oubli. Piekielny ne voulait pas être oublié une fois mort. C’est chose faite ! Grâce à Romain et à François-Henri.

Marie-Christine



La fille de nulle part

brown-fille

Frédric Brown

Rivages, 2008
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gérard de Chergé
[RP BRO]

Dépressif, George Weaver se voit contraint par son médecin de prendre des vacances forcées. Il décide de laisser sa famille et de partir au Nouveau Mexique pour s’y ressourcer. Là-bas, il retrouve par hasard un vieil ami photographe de presse spécialisé dans le judiciaire. Ce dernier l’emmène dans les bois, dans les environs de Taos, pour lui montrer une vieille maison de bois où le crime irrésolu de Jenny Ames, une jeune fille d’une petite vingtaine d’années, s’est déroulé huit ans auparavant. George est immédiatement séduit par la petite bicoque. Et, il décide sur les conseils de son ami d’enquêter sur la mort de Jenny pour en faire un papier et en retirer un peu d’argent. Ce que ne sait pas encore George, c’est que ce petit boulot va prendre bien plus d’ampleur qu’il n’y paraît et que cette affaire va vite tourner à l’obsession. Un roman en deux parties distinctes : dans l’une un homme sombre dans l’alcool, son vieux démon, et dans l’autre, un détective se prend d’une obsession pour une fille morte ou, dans le meilleur des cas, disparue. Une pépite du noir au même titre qu’un David Goodis avec un final qui laisse sans voix. Un polar alcoolisé.

François



Faune et flore du dedans

abbey-gang

Blandine Fauré

Arléa, 2018
[FAU]

Dans ce roman écrit à la 1ère personne, le lecteur est entraîné d’emblée avec force aux côtés de Louise, une jeune femme artiste qui cherche son chemin dans la photographie. Elle réalise des dessins-fresques rehaussé/es de formes végétales. Une fébrilité immédiate, comme une urgence, la somme de surmonter de vives douleurs personnelles. Louise impulsive, libre et insolente, pousse la porte du Chef du département de botanique au Museum national d’histoire naturelle, dans un moment d’audace extrême et lui montre son book de dessins et photographies calligraphiées entremêlées. L’objectif de Louise : partir avec une mission scientifique, loin, quelque part dans la Silva, la forêt originelle primaire. En effet, quelques mois plus tard, Louise aux côtés des chercheurs Joachim, Xavier paléo-climatologue, Luis, David ornithologue, Lina biologiste, participe à une mission botanique en forêt amazonienne côté péruvien, à Boca Manu.
Comme les superpositions de couche végétale, humus, terre profonde, de pierriers et magma de lave, ce roman hautement sensoriel condense musicalité, passions disséquées et intensité des désirs autour de l’énigme de la Forêt, dans une langue riche, rythmée, fouillée, qui vous accompagnera longuement.

Isabelle d’A.

dispo




Betty Boob

rocheleau-betty

Julie Rocheleau

Casterman, 2017
[BD ROC]

Cette bande dessinée c’est un tourbillon, c’est un café en terrasse aux premiers rayons du soleil, c’est un dimanche pluvieux sous la couette devant un bon film et avec une tasse de thé, c’est une promenade en forêt pendant la période automnale, c’est un bon repas partagé avec ses amis, c’est un week-end à la campagne, c’est une balade en vélo au bord de la Loire, ce sont des vacances sans enfants, c’est trouver rapidement une place pour se garer en centre-ville, c’est une réduction inattendue sur un article quand on passe en caisse, c’est une danse improvisée quand on entend une chanson qu’on aime, c’est un cendrier en terre cuite offert pour la fête des pères alors qu’on ne fume pas, c’est un câlin de son chat, c’est une bonne blague, c’est une douche après le footing, c’est une soupe à l’oignon après une fête à six heures du matin, c’est un brossage de dents après cette soupe à l’oignon, c’est le cheesecake de la Popote Coop, c’est quand la maison est bien rangée mais pas trop parce qu’après ça fait catalogue d’ameublement suédois, en bref cette bande dessinée ce n’est que du bonheur simple et à l’état pur ! Et voilà comment faire une notice pour Lison Futé en faisant croire à une figure de style alors qu’en fait on est juste très en retard.

Grégory

dispo